Prendre le temps d’en perdre

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Exaltation pour une corbeau

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Harmonie du soir

 

Voici venir les temps où vibrant sur sa tige
Chaque fleur s’évapore ainsi qu’un encensoir ;
Les sons et les parfums tournent dans l’air du soir ;
Valse mélancolique et langoureux vertige !

Chaque fleur s’évapore ainsi qu’un encensoir ;
Le violon frémit comme un cœur qu’on afflige ;
Valse mélancolique et langoureux vertige !
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir.

Le violon frémit comme un cœur qu’on afflige,
Un cœur tendre, qui hait le néant vaste et noir !
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir ;
Le soleil s’est noyé dans son sang qui se fige.

Un cœur tendre, qui hait le néant vaste et noir,
Du passé lumineux recueille tout vestige !
Le soleil s’est noyé dans son sang qui se fige…
Ton souvenir en moi luit comme un ostensoir !

Charles Baudelaire – Les Fleurs du mal – Spleen et Idéal

Après la pluie il ne reste que la couleur

thumb_IMG_0842_1024De son vivant on laisse une trace , une empreinte, une odeur qui permet de nous retrouver de nous suivre .
Mais lorsqu’on meurt , cette odeur s’estompe et on perd peu à peu la trace de ce que l’on a aimé.  Il ne reste que le souvenir de cette odeur,  de cette couleur  , rien de plus qu’une peinture après la pluie .